* Quel est le principal reproche de Muhammad aux chrétiens
?
Le Coran affirmerait ici qu'après Muhammad il y aura "
parmi les gens du livre" (chrétiens et juifs) des "
infidèles" qui ne le reconnaîtront pas en tant que Messager de Dieu, ainsi que des "
Associateurs" qui continueront d'associer leur propre Messager divin à Dieu. Ce
reproche de Muhammad serait fait
aux chrétiens qui, au nom du titre spirituel de "
Jésus Fils unique de Dieu", auraient
exagéré leur interprétation en "
associant"
Jésus à Dieu, les plaçant quasiment sur un
même pied d'égalité, allant même jusqu'à élever plus tard
Marie au rang de "
Mère de Dieu". Cette
interprétation des conciles chrétiens serait abusive pour Muhammad, car les premiers textes chrétiens désignaient
l'Esprit saint ou la
Parole de Dieu (le Logos) comme "
l'unique engendré de Dieu", soit le "
fils unique de Dieu". Pour Muhammad,
plutôt que l'égal de Dieu Jésus serait l'incarnation de la Parole de Dieu parce qu'il a été fait Christ en recevant l'onction divine qui lui conféra son autorité. La
mission de Jésus serait donc de
révéler le Père et non d'être son égal: "Celui qui m'a envoyé
est avec moi ; il ne m'a
pas laissé seul, parce que je fais toujours
ce qui lui est agréable."
(Jean 8.29) Mais sa nature de
Porte Parole de Dieu permettrait aussi à
Jésus d'affirmer que le
Père et lui ne font qu'un, ou que le Père est en lui comme il est dans le Père, car la réalité véritable de la
Parole de Dieu n'est pas de ce monde mais existe éternellement: "En vérité, en vérité, je vous le dis,
avant qu'Abraham fût, je suis."
(Jean 8.58) Ces nuances échappèrent aux premiers conciles de chrétiens vers l'an 325 qui décidèrent par des mots savants "
d'associer Jésus à Dieu", plaçant du même coup "
Jésus au-dessus des autres Messagers divins", ce qui avait comme
conséquence politique de rabaisser à jamais toutes les
autres religions passées ou futures à un
rang inférieur. Cet
excès de zèle théologique provoqua non seulement des
conflits fratricides entre religions mais aussi des
blessures irréparables à l'intérieur du christianisme avec le
plus grand schisme de l'histoire,
brisant l'unité de la foi du Christ en trois églises divisées (catholique, orient et orthodoxe). Aujourd'hui encore les conséquences de cet
orgueil théologique d'avoir voulu "
associer Jésus à Dieu" se traduit par un
mur de la honte coupant en deux le saint
tombeau du Christ à Jérusalem, avec les orthodoxes accédant à la tête et les catholiques aux pieds !
* Sens de la venue d'un « Messager de la part d'Allah »
?
Le Coran prédit ici qu'une partie des croyants "
parmi les gens du Livre", désignant les chrétiens et les juifs, seront
infidèles, c'est-à-dire ne
reconnaîtront pas Muhammad en tant que
Messager de Dieu. Or aujourd'hui plus d'un milliard de chrétiens n'ont pas encore reconnu Muhammad. Ce "
Messager de la part d'Allah" qui fera
reconnaître Muhammad aux yeux des "
gens du Livre" ne serait donc
pas Muhammad lui-même. Ainsi ces croyants sceptiques "à la nuque raide" ne "
cesseront pas de mécroire" jusqu'à ce que Dieu envoie la "
Preuve évidente" qui unira l'humanité au "
Jour du rassemblement". Or selon ce verset du Coran, cette "
Preuve évidente" de
l'authenticité de Muhammad serait un "
Messager de la part d'Allah" après Muhammad, soit le
Promis de Dieu annoncé dans les Textes saints de toutes les religions
(voir aussi "Muhammad est le dernier [sceau] des prophètes"). En effet le Promis de Dieu devrait justement
unir les hommes en une foi commune pour l'amour d'un même
Dieu unique source de toutes les religions. Ce Promis de Dieu révélerait donc les conditions pour une
vraie paix universelle et
l'unité de toute l'humanité dans sa diversité. C'est ainsi qu'en
acceptant le Promis de Dieu les "
gens du Livre" accepteraient en même temps
l'authenticité de toutes les autres religions, et en particulier le prophète
Muhammad. Cette
fraternisation universelle rendue possible par la révélation divine du
Promis de Dieu serait en réalité un
puissant remède de paix venant de Dieu, seul capable
d'unir la race humaine en profondeur.